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Parution : Donneur, de Mouloud Akkouche

Mouloud Akkouche revient au noir dans une novella qui, une fois n'est pas coutume, se clôt en ouvrant des perspectives (plus) heureuses. Avec Donneur, l'auteur toulousain nous donne des raisons d'espérer, non pas en ce que le ciel soit habité, mais plutôt que, jusqu'à la fin, et à la faveur de surprenantes rencontres qui accélèrent les trajectoires, une autre vie est possible.

 

Il a l'art de télescoper de curieux personnages comme un chimiste qui mettrait en contact deux substances agressives. Dans Donneur, il ne déroge pas à cette heureuse manie. Carole est une femme banale, une citadine, la petite cinquantaine, de grands enfants, un boulot, et un mari, Fabien, qu'elle trouve mort au petit matin. Mort subite, anévrisme ou autre, sans douleur. On comprend dès la première page que le problème est ailleurs. En l'occurrence, dans sa volonté, exprimée quelques temps plus tôt, d'offrir son corps à la science. Celui-ci doit être livré dans les 72h, or Carole est aussi chamboulée que moyennement emballée. Elle s'échappe dans sa petite maison de la côte basque, à quelques dizaines de kilomètres, histoire de prendre du recul et de revenir plus solide pour affronter la suite. C'est là qu'elle tombe sur Samir, à l'inverse très moyennement installé dans la vie, en planque, et peu enclin, maintenant qu'elle est au parfum, de la laisser repartir. Le piège – l'éprouvette - se referme, tandis que le chronomètre des 72 heures fait lentement monter le mélange en température.

« De cette conjonction de cumulus noirs assez macabre, Mouloud Akkouche (dont on appréciera une fois encore la limpidité) extirpe néanmoins quelques éclaircies inattendues. D’un match déséquilibré sur le papier entre la mort et la fuite, il tire la structure inédite d’une très agréable novella. Si la palette classique d’un texte noir démarre souvent du clair pour s’enfoncer dans l’anthracite, celui-ci remonte plutôt le courant de la suffocation vers l’oxygène. Et tout le monde peut reprendre son souffle. Sauf Fabien. Tant pis pour lui, il n’avait qu’à tenir sa promesse. Mouloud Akkouche, lui, tient les siennes. » (Jean-Lux Manet, www.nyctalopes.com)

Mouloud Akkouche aborde un sujet éthique sérieux au travers de ces deux trajectoires, certes opposées, mais émouvantes. Samir et Carole, au contact, vont évoluer dans leur tête, leur cœur - leur corps ? - dans un ballet grave et finalement lumineux. On ne saurait dire, au juste, qui donne à qui ? Mais c'est une économie de la compréhension et de l'intelligence : au bout du compte, tout le monde s'enrichit.

 

 

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