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Prix Roblès 2019, le Goût de la viande lauréat ?

Dans 7 petits jours, le Prix Roblès 2019 sera décerné. Le Goût de la viande l'emportera-t-il ? Beaucoup d'appelés, peu d'élus : sur les 130 premiers romans édités à la rentrée littéraire, le comité en a retenu 6, parmi lesquels le roman de Gildas Guyot.

Il est des prix dont un éditeur est particulièrement fier, ceux qui sont décernés par un jury de lecteurs. Non que les jurys composés de professionnels du livre ne soient flatteurs, mais ces prix de lecteurs, et eux seuls, réalisent très exactement la mission de l'éditeur. Car celui-ci ne recherche pas l'onction extrême du critique littéraire. L'analyse élogieuse, aussi aimable soit-elle au narcissisme de l'éditeur, est une condition agréable mais pas suffisante. Elle peut même s'avérer amère lorsque le livre ne rencontre pas son lectorat. Non, avant tout, après tout, il faut que le livre soit lu, qu'il puisse atteindre, convaincre, le lectorat anonyme, le public. Façon de voir le métier : publier, rendre public, donner au grand public.

Le prix Emmanuel Roblès est emblématique. Créé en 1991, il est organisé par le réseau de lecture publique de Blois-Agglopolys. Tout est dit dans ce terme fabuleux. Les livres sont sur la table, au lecteur, au grand public, de se les approprier, de choisir.

Ces trois derniers mois, 600 lecteurs de l'agglomération se sont emparés de ces six romans remarquables, remarqués par le comité : La vraie vie (Adeline Dieudonné, éditions L'iconoclaste), Le goût de la viande (Gildas Guyot, éditions In8), Écorces vives (Alexandre Lenot, éditions Actes Sud), Diên Biên Phù (Marc-Alexandre Oho Bambe, éditions Sabine Wespieser), Une immense sensation de calme (Laurine Roux, Éditions du Sonneur), San Perdido (David Zukerman, éditions Calmann-Lévy.

Imaginez cette logistique : étudier chacun des premiers romans édités à la rentrée (travail de veille du comité de sélection) en un temps record, recruter les lecteurs volontaires, mettre en circulation ces 6 romans dans les mêmes délais auprès de ces 600 lecteurs, gérer leur rotation rapide pour qu'un lauréat puisse être désigné avant 3 mois, créer une procédure pour collecter les jugements. Sacrée mécanique, remontée chaque année depuis presque 30 ans. A l'heure où l'on se questionne sur le fonctionnement de notre démocratie, voilà aussi un exemple intriguant, qui postule l'intelligence du peuple et sa capacité discriminante.

Autre détail d'importance, tous les sélectionnés reçoivent une dotation, certes moindre que le lauréat, mais aucun ne sera oublié, tel un encouragement à poursuivre. C'est un mécanisme rare au sein des prix littéraires, qui dit l'estime portée à ces auteurs.

Gildas Guyot sera-t-il lauréat du prix Emmanuel Roblès 2019, à la suite d'autres primo-romanciers qui, depuis, ont acquis ample notoriété – citons par exemple David Foenkinos, Carole Martinez, Olivier Bourdeault ? Bien entendu, on le lui souhaite, bien entendu, on l'accompagnera le 14 juin à Blois pour rencontrer les 600 lecteurs passionnés, bien entendu, ce serait un gage de vitalité et d'indépendance que le prix aille à un roman qui n'est pas porté par une "grosse" maison. On verra. Le jury est souverain. C'est fabuleux comme ça.

Les 6 romans en lice ont été joliment présentés dans les colonnes de la Nouvelle République, à consulter ici. Gildas Guyot y est taxé "d'orfèvre" signant un roman "superbement amer"... Puisse Le Goût de la viande taquiner les papilles des lecteurs de Blois !

 

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