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In8, maison d'édition majeure !

1999-2019 : la petite maison qui a tout d'une grande fête cette année ses 20 ans. Depuis le premier livre édité, un essai de Bernard Manciet, du temps où elle était encore tout jeune atelier graphique, aux romans et novellas noires de la collection polaroid, la petite structure a mené son bout de chemin, défendant bec et ongles son indépendance derrière laquelle d'aucuns décèleraient une insolence quand il ne faut y voir que l'intransigeance de la passion. Une passion inentamée.

L'aventure a été lancée par Olivier Bois, qui avait précédemment monté avec un ami une maison d'édition enracinée dans son environnement pyrénéen, et tournée vers les sciences humaines. Cette fois, le jeune entrepreneur tourne ses regards vers la littérature. Il inaugure donc une nouvelle structure qui réalise des travaux graphiques pour de multiples clients, parmi lesquels des éditeurs. Le temps d'imaginer avec son ami Sergi Javaloyès, écrivain et journaliste, la ligne éditoriale du catalogue In8. En 2003 paraît La Maison de la lande, essai de l'écrivain landais que Sergi Javaloyès connaît depuis plusieurs années, et qui sera suivi de deux autres volets. Puis, en 2005, deux collections, l'une tournée vers le polar et montée avec la complicité de l'association Noires de Pau, que le roman d'Hervé Le Corre, Tango parano, initie, l'autre, vers la nouvelle, l'iconique « porte à côté » proposant aux lecteurs de déguster des petites merveilles de 32 pages, le temps d'une illumination.

Ces deux tropismes structureront pour longtemps le catalogue de la maison d'édition, qui décline aujourd'hui des romans et des nouvelles ou novellas, continuant de choyer les fictions corrosives, noires, intenses.

En 20 ans, la maison a accompagné des auteurs qui ont fait leurs premières armes et petit à petit trouvé leur voix, quitte à ce qu'elle soit portée ensuite par d'autres éditeurs (Jean-Christophe Tixier, Marc Pautrel, Pascale Dietrich). Elle a noué une relation de confiance et d'amitié profonde, au long cours, avec des écrivains qui ont trouvé chez In8 l'éditeur idéal pour faire connaître leurs textes courts (Marcus Malte, Jacques Abeille, Anne-Marie Garat). In8 s'est aussi distinguée pour tenter des projets atypiques, tous les moyens lui semblant utiles pour désarmer les lassitudes et diffuser la littérature, même les plus facétieux : un week end de polar enjazzé à Uzeste, des lectures de nouvelles dans les bus de l'agglomération de Pau, un coffret associant des verrines de rillettes à déguster et des livres sur le cochon, un journal réalisé la nuit pour couvrir le salon Un aller retour dans le noir en 2012...

En deux décennies, les équipes ont peu changé. Olivier, Sergi, puis Josée, Sylvie ont rejoint les effectifs. Il y a dix ans, Marc Villard a rallié la maison pour diriger la collection noire. Gilles Vincent est descendu dans la fosse pour nous accompagner sur le volet commercial.

En deux décennies, nous nous sommes formés. Non seulement les ficelles éditoriales commencent à être sacrément lubrifiées, mais partis de rien, nous avons tranquillement éprouvé l'ensemble des mécanismes du métier, la diffusion – arpentant nous mêmes la France pour présenter nos livres aux libraires, la distribution (logistique), la promotion autour des passeurs de livres – presse, festivals, bibliothécaires, la vente de droits... Alors, bien sûr, en deux décennies, le paysage a quelque peu changé. Les coûts d'impression ont fondu. Les ventes moyennes aussi. Le nombre de parutions annuelles a explosé. Le marché du livre s'est concentré et durci – il suffit de songer à l'émergence d'acteurs comme Amazon, mais aussi Cultura. La Fnac s'est mise à vendre des robots mixeurs. Nous avons goûté aux joies et aux épreuves de la diffusion nationale avant d'en revenir - on nous a alors promis une fin certaine. Pourtant, nous sommes toujours là, tandis que plusieurs confrères qui avaient bâti leur maison quelques années après nous, ont depuis baissé le rideau.

En 2013, nous avons grandi de quelques 13 associés, acceptant de porter dans une dynamique collective une maison désormais émancipée de l'atelier graphique mère afin que les deux entreprises puissent développer librement leurs activités propres.

Bref, ce n'est pas sans fierté que nous constatons que nous avons su durer jusque là, continuant de nous enthousiasmer pour de nouveaux auteurs et d'insuffler toutes nos forces dans la bataille de l'édition de littérature, qui s'apparente parfois à du militantisme. Toujours réarmer.

Rendez-vous dans vingt ans - on entend bien vous bouleverser les deux prochaines décennies durant, avec d'autres textes de Marcus Malte, de vous faire rencontrer d'autres Gildas Guyot ou Marie Murski, de révéler les Pascale Dietrich et les Anne-Céline Dartevel de demain.

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