"Bagarre" enflamme la presse
Les critiques polar n'ont pas froid aux yeux. Ils ont plongé au coeur de la bataille, la "Bagarre" de Yvan Robin croquée façon Polaroid. Retours.
Bagarre, c'est le récit d'un fait divers. Une baston homérique survenue dans la nuit du 2 au 3 octobre 1999, dans un petit bar de Jonzac en Charente-Maritime. Yvan Robin nous raconte cette histoire dans un livre paru dans la collection Polaroid... quelques super-lecteurs nous en parlent.
« On le lit d’une traite, c’est court et subtil. Une composition rigoureuse, pas une ligne de trop, et sans jeu de mots, une rare puissance de frappe. Le fait divers, comme on le sait, est d’abord révélateur de l’état d’une société. (...) « un passionnant récit sur les comportements masculins, les modèles de virilité style Stallone, Schwarzenegger ou Van Damme, le langage du mâle ordinaire façon « On va vous enculer vos morts, bande de pédés ».
France Inter - Michel Abescat - 11/12/2025
« L’auteur ne tombe pas dans le cliché et donne à voir la réalité complexe avec laquelle les voyageurs composent au quotidien, notamment les discriminations qu’ils subissent (on sent aussi que la bourgade peut se trouver n’importe où en France et que ce sont des comportements que l’on retrouve). Comme son titre l’indique, ce court bouquin est aussi un joli exercice de style sur la retranscription de plusieurs bagarres mémorables. On pense à des romans similaires comme « Donnybrook » de Frank Bill avec des scènes de combat marquantes. Des livres qui retranscrivent avec précision et dans la chair des personnages les coups et les bagarres. Dans celui-ci on est dans le bain directement et on apprécie en plus du travail sur la castagne, une science du dialogue redoutable qui permet au récit et à l’auteur de maintenir cette tension tout du long. »
Sébastien Paley, Les Mafieuses, 23/09/2025
« Happé dès les premières lignes par l'épaisseur des personnages, la description minutieuse et digeste du bar Le Canotier, de l'ambiance économique, sociale, musicale de Jonzac à la fin des années 1990. Par le récit de cet affrontement dans la nuit du 2 au 3 octobre 1999, laissant l'établissement saccagé et quelques combattants sérieusement amochés. »
Sud Ouest, 11/2025
« Yvan Robin raconte un fait divers. Mieux il le transforme en épopée sauvage et moderne. Empoigne quatre, cinq points de vue, devant le bar sous les tables, derrière le comptoir, à la fontaine. Et ça tabasse gentiment à la batte, en low kick, avec des bagues. Une rixe pas comme il en existe tous les samedis soirs, non la baston du siècle, juste après la tempête du siècle.
Yvan Robin réussit à ne prendre aucun parti il va de soi, il souligne la bêtise, le degré de psychopathie de chacun. Bagarre, c'est de la pure violence de société, de celle qui peut faire basculer une existence aussi. »
Christophe Laurent, The killer inside me, 26/11/2025
« Jonzac va devenir le furieux théâtre d’une version charentaise de Fort Alamo. Yvan Robin nous raconte la soirée, se concentrant sur l’évènement, à l’os, se protégeant d’une quelconque partialité. Le récit est tendu et si on ne connait pas l’événement, on peut s’inquiéter sur le devenir de certains innocents piégés dans ce déferlement de violence. (...) L’actualité de ces derniers mois avec ces drames lors d’affrontements entre bandes dans des soirées rurales indique qu’une forme de violence gagne la campagne jusqu’alors protégée et cet intéressant instantané d’une fin de siècle à Jonzac montre que ce n’est pas un phénomène aussi récent qu’on veut bien nous le répéter. Un jour en France ! »
Clete, Nyctalopes, 12/12/2025
« C'est rythmé, bien écrit et réfléchissez-y, on peut être confronté à ce genre de folie partout, l'actualité est pleine d'hommes qui, un jour, tuent leur voisin, pour une peccadille. De l'action, du rythme,une écriture ciselée, que demander de plus ! »
Boris Lamot, 813, 20/11/2025
« Pour narrer ce « western romanesque » et rétablir un semblant de vérité, Yvan Robin a retrouvé « une trentaine » de protagonistes : des clients et des bagarreurs de chaque « camp » en passant par le disc-jockey et le patron du Canotier, décédé l’été dernier. Leurs récits, patiemment recoupés, offrent une lumière crue sur la mécanique d’un banal fait divers, où tout aurait pu basculer. (…) Sans parti pris, Yvan Robin parvient à restituer l’air du temps, les mots et les clichés qui prévalaient alors. Un roman vrai, réussi. »
Le Parisien, Fabien Paillot, 29/12/2025
« Cette narration donne une distance aux scènes les plus violentes, les battes de base-ball, les matraques télescopiques qui cognent et font saigner. Mais la vraie violence est ailleurs, dans le racisme que l’on sent entre les gitans et les jonzacais. Entre les nantis et les plus humbles, entre ceux qui rêvent et ceux qui crèvent. L’écrivain dissèque cette bagarre restée célèbre dans le patelin, et tout en respectant chacun des témoignages qu’il a recueillis, il retranscrit un récit universel, un drame antique où chacun tient son rôle, le coryphée tenant son rôle de témoins à merveille, un verre de surfer (vodka tonic) ou de bière à la main… »
Corine Naidet, Blog Les carnets de la Noirode, 15/12/2025
« Tu trouves que ton week-end est un peu ennuyeux et manque de piment ? Jette toi sur "Bagarre" d' Yvan Robin, la novella de la calotte de ses morts. En fermant ce livre, tu vas sentir le goût du sang dans la bouche et passer ta langue sur tes ratiches pour vérifier qu'elles sont toutes en place ! Et moi qui suis un grand fan de Karaoké, je prie pour ne jamais tomber dans un tel traquenard. C’est court, violent, âpre comme un civet de hérisson et une fois de plus, j'adore ce qu'écrit Yvan Robin... et j'avoue n'avoir peut être pas trop envie de le contrarier. »
Michael Corbat, Librairie Les Papiers Bavards, Audincourt, 18/01/2025
« Vous l'aurez compris il n'y a ici aucune place pour la diplomatie : on frappe d'abord et on discute après. Ce court roman relève avec brio le défi de décrire sans filtre ce fait-divers comme il y en a tant, tout en laissant une bonne place à chaque protagoniste et à son histoire. On plonge direct dans cette prose qui a parfaitement assimilé les moindres faits et gestes des différents personnages comme leur succession chronologique. »
Jean-Michel Dufour Blog
